Lettre ouverte à Sciences Po Alumni

Le 25 mai dernier, nous écrivions à Sciences Po Alumni afin de leur faire part de notre consternation concernant leur conférence du 17 juin prochain sur le thème « Université : la laïcité en péril? ». Intervenants controversés (dont l’un d’eux est l’auteur d’une discrimination caractérisée), présentation anxiogène voire extravagante, orientation focalisée sur l’Islam et les étudiantes voilées, nous ne comprenions pas les choix de l’association des Anciens de Sciences Po. L’organisateur, saisissant le malaise, a été bien avisé d’accepter la participation d’Ismahane Chouder, militante contre l’islamophobie, afin que la parole des premières visées puissent être entendue dans ce panel. De notre côté, n’ayant obtenu aucune réponse, nous avons décidé de rendre publique notre lettre. La voici :

« Chère Madame la Directrice générale, Cher Monsieur le Président de Sciences Po Alumni,

Nous vous contactons à propos de votre événement du mercredi 17 juin, sur le thème : « Université : la laïcité en péril ?« . En tant qu’association étudiante reconnue à Sciences Po, en pointe sur les questions relatives à l’Islam, nous souhaitions vous faire part de notre indignation concernant le cadrage de cette conférence, à tous les niveaux. Nous ne pouvions retenir notre déception tant les Anciens nous avaient jusqu’alors habitués à des actions de plus grande qualité. Nous ne contestons en rien votre droit de faire cet événement et nous avons participé et participerons au débat que vous proposez, mais nous sommes certains que vous comprendrez ces remarques de forme et de fond.

Sur la forme, votre titre soulève une question sérieuse à débattre, mais l’image d’illustration crée le doute sur l’orientation du débat. On s’inquiète alors de voir les discussions se focaliser sur les étudiantes voilées. Le descriptif confirme nos craintes : non seulement vous vous concentrez sur la question du voile, en interrogeant même la pertinence de son interdiction, mais votre troisième paragraphe alarmiste crée un profond malaise et il conviendrait d’y consacrer des peintures de nuances. Que les Anciens de Sciences Po puissent amalgamer le port du voile à l’université et la contestation de la laïcité est profondément choquant dans un environnement Sciences Pistes où les étudiantes voilées, françaises ou étrangères, font partie du paysage et participent pleinement à la vie étudiante sans que cela ne choque ni les autres étudiants, ni les enseignants, ni même le personnel. Que les Alumni reprennent à leur compte des cas anecdotiques ou des revendications imaginaires, le tout exclusivement lié à l’Islam et les étudiants musulmans, est profondément indécent lorsqu’on sait combien ces cas relevés par l’ancien Haut Conseil à l’Intégration ont été contestés et lorsqu’on sait que les dernières contestations d’enseignements n’impliquaient ni les femmes voilées, ni leur religion. Le souci de cohérence dans cette démarche qui s’inscrit dans la stigmatisation d’une partie de la communauté étudiante, aurait dû aboutir sur un intitulé visant directement le voile ou les musulmans à l’université. Tout de suite, c’en est plus gênant.

Et c’est là où le bât blesse. Si traiter de la question de la laïcité à l’université à travers la seule suggestion d’un supposé problème avec l’Islam et les musulmans est déjà très périlleux, les personnes invitées à donner matière à cette conférence biaisée à notre sens laissent sans voix. Jean-Claude Radier, vous l’avez précisé, a refusé de donner cours devant une élève voilée, « ignorant » ainsi la loi en vigueur et commettant une discrimination humiliante envers sa propre étudiante. Comment dès lors s’interroger sur sa qualité de lanceur d’alerte ? Guylain Chevrier appuiera certainement cette idée, lui qui revendique l’idée de l’interdiction du port du voile à l’université à travers une idéologie identitaire. On se rassure en se disant qu’heureusement, Nicolas Gardères, enseignant à Sciences Po, rappellera le droit et la pertinence de la protection des droits fondamentaux bien qu’il précisera aussi à l’occasion son opposition de principe au port du voile. Où est donc le débat? Une discussion de juristes sur la pertinence de l’interdiction d’une liberté ? Quelle est l’idée générale qui doit ressortir de cette discussion portée par les Alumnis de Sciences Po? Le groupe Education et Recherche pense-t-elle réellement contribuer au débat académique de cette manière?

L’association reconnue Agora Sciences Po avait organisé un tel débat virtuel où chaque association ou étudiant avançait ses idées (nous y avons participé) et cela avait révélé le caractère très minoritaire des positions « anti-voile à l’Université » auprès des étudiants de Sciences Po. Cette opinion s’est relevée être très minoritaire tant dans le milieu politique mais aussi académique, notamment à travers le Cneser. A l’international, les Anciens des différents pays ont aussi pu observer l’incompréhension des autres sur la dérive de ces débats nationaux autour de la laïcité qui, en fait, se concentre sur une population en particulier. Pourquoi donc donner deux voix sur trois à cette expression? N’en donner aucune à celle qui défend la parole de ces femmes voilées dans ce panel d’hommes, non musulmans qui ne peuvent être directement concernés par le sujet qu’ils portent?

C’est d’autant plus choquant que, si Sciences Po et les Anciens de Sciences Po sont deux entités différentes, on aurait pu imaginer une continuité et une proximité de l’esprit Sciences Po. Ce dernier est l’amour du débat contradictoire ou des panels de discussions qui appréhendent sous différents angles une même question. Mais cet esprit est surtout fondé sur des principes d’ouverture à la diversité, de refus des discriminations négatives, et de respect des personnes. Ici, le débat contradictoire reste absent et des personnes se sentent blessées par la tenue d’une telle conférence, elles s’interrogent sur les motivations de l’organisateur habituellement réputé pour créer des liens et non des crispations (i-Télé, qui avait la même ambition, a été plus équilibré en invitant vos interlocuteurs mais aussi Geneviève Fioraso, Secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, et Jean-Loup Salzmann, président de l’université Paris 13).

Nous avons appris avec contentement qu’une quatrième intervenante pourrait compléter le panel, Ismahane Chouder, afin de rappeler, toute de même, qu’au-delà des fantasmes, tout ceci s’inscrit dans une contexte où l’islamophobie en France atteint des records (qui inquiètent jusqu’aux bancs de l’ONU et du Conseil de l’Europe) et touche dans une écrasante majorité des femmes, notamment des étudiantes (que l’on veut émanciper en leur interdisant l’instruction). Nous notons néanmoins qu’il reste dommage qu’il ait fallu insister pour que le débat ne se fasse pas sans les premières concernées. En effet, nous regrettons que cette conférence, dans son format original, ait décidé de parler d’un sujet concernant des femmes voilées sans aucunes d’elles, participant alors à monopoliser la parole d’un coté et à la confisquer de l’autre. En tout cas, cela rassure au moins sur le fait que vous avez saisi qu’il y avait un réel malaise.

Nos propos peuvent paraître durs mais sont à la hauteur de notre déception. Nous attendions mieux des Anciens de notre école. Vous aurez noté que nous avons privilégié le canal interne pour nous exprimer dans un premier temps. Encore une fois, il ne s’agit pas de remettre en cause votre droit à faire cette conférence mais de vous alerter sur le caractère déséquilibré et stigmatisant du cadrage de celle-ci. Comme indiqué dès le début, certains de nos membres ne manqueront pas d’être là le 17 juin afin de s’assurer qu’il y ait effectivement de la contradiction et une bien meilleure problématisation de la discussion.

En vous remerciant pour l’attention que vous porterez à notre intervention et avec l’assurance que les prochains événements des Alumnis retrouveront la qualité qu’on leur reconnait.

Cordialement,

L’équipe Salaam »

Le voile au travail : vous avez dit « laïcité » ?

Conférence du 21 avril 2015 intitulée « Le voile au travail : vous avez dit « laïcité » ? » en partenariat avec G.a.r.ç.e.s. et Women Work Sciences Po.

Capture d’écran 2015-06-04 à 19.21.04Avec l’aimable participation de:

Elsa Ray, porte-parole du Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF).

Nacira Guénif, Sociologue et anthropologue.

Stéphanie Hennette-Vauchez, enseignante-chercheur en Droit Public à Paris X.

 

Les Rohingyas de Birmanie, les invisibles ? (VIDEO)

Conférence du 4 mai 2015 intitulée « Les Rohingyas de Birmanie, les invisibles ? » en partenariat avec l’Association des Etudiants Musulmans de Dauphine.

Capture d’écran 2015-06-04 à 19.18.22Avec la participation de:

Stéphane Dovert, spécialiste de l’histoire et des sciences politiques de l’Asie du Sud-Est.

Sophie Ansel, journaliste et co-auteure de « Nous, les Innommables »

Nordine Errais, président du collectif HAMEB (« Halte Au Massacre En Birmanie »)

« Je suis persuadé qu’il est encore possible de vivre tous ensemble en paix. »

Ensemble
Aujourd’hui, je souhaite vous parler de tolérance, d’amour, de paix et de bonheur. Pour cela je vais présenter l’endroit où j’ai grandi car je n’en conserve que de bons souvenirs et je suis toujours très heureux d’y retourner. J’habitais dans une ville de Moselle, dans le Nord-Est de la France. Une ville industrielle et urbaine. Une terre d’immigration qui a acceuilli de nombreux travailleurs d’abord italiens, espagnols, portugais et polonais puis à partir de la Seconde Guerre Mondiale une main-d’oeuvre provenant du Maghreb, principalement du Maroc et de l’Algérie. Plus tard sont arrivés quelques familles originaires d’Afrique subsaharienne puis quelques unes de Turquie. Ainsi, depuis mon plus jeune âge, je baigne dans la diversité et on m’a inculqué la tolérance, la liberté, le respect, la fraternité et le partage. S’il y a ici quelque chose de fondateur c’est bien le partage car c’est comme cela que nous nous ouvrons les uns aux autres. Nous parlons, nous nous disputons, nous rions, nous pleurons. Mais nous le faisons ensemble. Cependant ces derniers mois je suis très attentif aux débats politiques et médiatiques qui agitent notre pays. Il paraît qu’avec le temps un gouffre s’est formé entre les personnes vivant en France: une sorte de «fracture sociale». De nombreuses divisions, le plus souvent binaires, nous sont exposées tous les jours : les français et les étrangers, la droite et la gauche, les riches et les pauvres, les musulmans et les autres, les croyants et les non-croyants. A titre personnel, je vois cela comme des différences plus que des divisions. J’écris tout simplement car je veux démontrer que mettre ces différences de côté et accepter l’aventure du «vivre ensemble» n’est ni un mythe, ni un rêve, ni un complot mais une rélle possibilité. Je l’affirme clairement car l’ayant moi-même vécu, je peux le prouver.
Pour cela je vais tout d’abord parler des relations très satisfaisantes que nous entretenons ma famille et moi avec nos voisins qui sont d’origine et de confession diverses. Puis je présenterai trois expériences inter-religieuses pour montrer que le dialogue est toujours bénéfique.Chez moi, les voisins sont à la fois nos amis et notre famille, nous sommes toujours là les uns pour les autres, que ce soit pour les évènements joyeux ou pour les pires moments de la vie. Nous aimons beaucoup partager des moments de convivialité avec les autres. Cependant, cela est beaucoup plus intéressant lorsqu’ils sont différents de nous. C’est-à-dire lorsqu’en apparence, tout nous oppose alors qu’en réalité et si l’on prend le temps d’échanger avec l’autre, d’aller à sa rencontre, de vouloir partager avec lui, il est très aisé de se trouver des points communs. Par exemple, quand ma grand-mère fait un couscous, elle m’envoie en apporter à mes voisins espagnols. Quand je passe chez eux pour aider la petite à faire ses devoirs, je rentre avec de la tortilla et la recette dans la poche. Lorsque le petit dernier est né nous sommes montés les féliciter avec ma grand-mère. Nous avons été surpris car ils l’ont prénommé Helias. Ils nous ont expliqué que tout comme Ines ce sont des prénoms très répandus en Espagne en raison de l’héritage culturel laissé par la présence musulmane en Espagne. Cet héritage je le retrouve également dans le langage lorsqu’à inchAllah, Sonia me répond Ojala ou lorsque j’entends azeitunas qui vient de l’arabe az-zaytûn. Nous partageons énormément de choses, il suffit seulement de vouloir le voir.

L'herbe est bien verte chez moi!

Par ailleurs, lorsque mes parents étaient les seuls «musulmans» de l’immeuble résidentiel où ils habitaient, ils entretenait de très bons rapports avec les voisins qui souhaitaient vivre avant tout en harmonie. Je me souviens que nous passions des moments de rire interminables avec Thérèse et Jojo qui étaient un couple d’octogénaires avec beaucoup d’humour. Jojo aimait beaucoup embêter ma mère sur des questions épineuses, notamment religieuses, mais tout cela était pris à la rigolade. Cependant, la vie est faite de hauts et de bas et dans les moments difficiles, lors d’évènements bouleversants nous étions bien évidemment toujours aussi liés. Je me souviens parfaitement de ma mère prenant Thérèse dans ses bras pour la consoler lorsque Jojo est décédé après un long combat contre le cancer. Je me souviens également des journées pendant lesquelles nous n’avions presque pas vu ma mère parce-qu’elle voulait rester auprès de Marie Jeanne lors du décès de Mario. Je me souviens du jour où elle est allée présenter ses plus sincères condoléances à Monsieur Demont qui a perdu son épouse après 50 ans de vie commune. Ces malheureux évènements montrent qu’il est possible de se rassembler au delà de toute croyance, de toute opinion ou de toute antipathie, autour d’un seul critère : l’humanité.

Je suis persuadé qu’il est encore possible, en 2015, de vivre tous ensemble en paix.
J’y crois lorsque je croise Mme Stephenne qui prend ma grand-mère dans ses bras pendant de longues minutes car elle lui a beaucoup manqué et je suis étonné de la voir l’appeler «mamie» par respect alors qu’elle n’a qu’une dizaine d’années de moins qu’elle.
J’y crois car je vois de mes propres yeux les petits enfants de mon quartier regroupés autour de Gisèle, veuve solitaire car son seul fils est parti vivre loin. Lorsque je la croise je la soutiens contre la solitude et la maladie, je la caline et je la couvre de bisous affectueux comme ma propre grand-mère.
J’y crois car j’aime passer de longues minutes à traduire à ma grand-mère ce que lui dit Mme Lopez en espagnol.
J’y crois car depuis tout petit, j’apprécie énormément les soirées d’été où penché sur mon balcon j’aperçois Nicole, ma voisine de l’entrée d’à côté, et que nous passons une bonne heure à discuter de tout et de rien en se demandant pourquoi tant de haine, tant d’amalgames alors que nous avons de très bons rapports entre voisins dans tout le quartier.
Je crois à la beauté du brassage des cultures, je n’aime pas la singularité, et je veux renforcer les échanges entre les individus quelles que soient leurs différences. Je pourrai vous parler infiniment de tous les autres voisins mais je n’ai pas voulu faire un banal descriptif de tous les non-musulmans que je connais personnellement et avec lesquels j’entretiens des relations parfaitement convenables. J’ai voulu présenter une partie de ce quotidien que j’ai connu car selon moi il représente l’arme pacifique avec laquelle nous devons combattre la haine et la peur de l’autre.

De plus, l’école est aussi un lieu d’échange et de partage car après avoir franchi les étapes de la scolarité, je conserve de bons rapports avec mes camarades et mes professeurs mais surtout avec mon enseignante d’économie du lycée. En apparence, tout nous oppose et beaucoup penseraient que nous ne pourrions mener qu’un dialogue de sourds. Souvent, à l’occasion d’une pause lors des inter-cours, nous prenions le temps d’échanger et parfois nous parlions de religion. Elle n’est pas croyante alors que je le suis profondément. Elle sait que je pratique beaucoup ma religion. Je sais qu’elle est anti-religion. Pourtant je l’aime beaucoup et j’apprécie énormément dialoguer avec elle, j’essaie de la comprendre et surtout je respecte son choix. Nous savons mutuellement que nous avons des convictions différentes mais nous les mettons de côté pour un échange humain, vivant, intéressant. Je respecte cette brave femme, courageuse, passionante et passionnée car elle exerce son métier avec une véritable vocation. Je sais que j’ai son affection car elle appréciait beaucoup ma rigueur méthodique, mon intérêt pour les cours et pour l’actualité. Au final, nous refusons de mettre une barrière entre nous en raison d’un désaccord au niveau religieux et tout se passe très bien.

Vivre ensemble

Je vais maintenant raconter une rélle expérience inter-religieuse dont j’ai un très bon souvenir. Mes voisins du dessus qui vivent là depuis une vingtaine d’années sont catholiques. Un soir de ramadan, au mois de juillet de l’année 2012, ils sont descendus pour constater un dégat des eaux. Je me suis occupé d’eux pendant que ma grand-mère préparait le repas du soir. Nous étions assis à la table de la salle à manger pour remplir des formulaires. Ma grand-mère les invite à rester manger avec nous. Ils refusent de nous déranger mais elle insiste donc Pedro accepte volontiers mais Sonia est assez embarassée. J’ai aidé ma grand-mère à mettre la table puis est arrivée l’heure du maghreb, avant dernière prière de la journée, au coucher du soleil. Donc l’appel à la prière a retenti. J’ai été surpris par la réaction de mes voisins. Ils n’ont pas dit un mot et ont fixé la télé pendant toute la durée de «l’adhan». A la fin, Sonia nous dit: «ça m’a donné des frissons, c’est très beau». Nous sommes allés faire la prière avant de manger et à ma grande surprise Sonia et Pedro ont cessé de parler jusqu’à ce qu’on revienne. Cela montre qu’il ont instinctivement adopté un comportement respectueux. Nous avons passé une soirée formidable car notre repas a été très convivial; nous avons beaucoup dialogué. En effet, Pedro et Sonia me parlaient de l’importance de la religion à leurs yeux, ils m’ont raconté ce qu’ils ressentaient en allant à la messe. Ils m’ont assuré placer leur confiance en Dieu lorsqu’ils rencontrent des difficultés. Ils m’ont expliqué pourquoi ils trouvaient nécessaire de transmettre ces valeurs à leurs enfants. Je me suis reconnu en eux et je leur ai expliqué que c’était identique chez nous les musulmans car la prière du vendredi, l’Aïd ou encore le pélerinage sont des moments magiques. Nous avons continué à parler dans le respect absolu en allant beaucoup plus loin, en touchant aux fondements du monothéisme, en évoquant la trinité, la création d’Adam et Even, le Paradis et l’Enfer. Nous n’avons fait que nous écouter les uns les autres sans remettre en cause la foi de l’autre. Ce fut un moment absolument merveilleux qui n’a fait que raffermir nos liens et confirmer que le vivre-ensemble dans le respect de tous est possible.

Enfin, je souhaite conclure sur un rappel que me fait souvent ma grand-mère lorsqu’on aborde des sujets sensibles qui ravivent énormément de tensions. Face à des personnes qui se laissent emporter, elle me dit: «C’est incroyable. Le monde va mal. Moi, quand je suis arrivée en France, je ne connaissais rien. Quand mes enfants tombaient malades, j’avais terriblement peur qu’il leur arrive quelque chose. Lorsque ton grand-père était au travail, je les emmenais chez le docteur Malka et une fois assise devant lui je me mettais à pleurer. Il venait alors s’asseoir à côté de moi pour me consoler et me rassurer. Il me disait que tout allait bien se passer et que je finirai par apprendre plein de choses. Il s’occupait de mes enfants avec attention. Il me parlait en arabe car je ne comprenais pas encore le français. (Il l’a appris en même temps que l’hébreu.) Donc tu sais, pour moi, le docteur Malka était mon père. Oui je te le jure, j’ai laissé mes parents pour rejoindre ton grand-père ici et j’ai trouvé en lui un véritable père. Tu ne dois jamais éprouver de haine dans ton cœur pour un juif mon fils car il existe de bonnes et de mauvaises personnes partout».

Houssem

Du djihad: entre effort intime et instrumentalisations (VIDEO)

Le 13 mars 2015, nous organisions une conférence intitulée « Du djihad: entre effort intime et instrumentalisations« . Nous avions eu l’honneur d’accueillir :

Abdelghani Benali: Enseignant-chercheur à la Sorbonne Nouvelle et Professeur d’arabe à Polytechnique et à l’INALCO

Pierre Conesa: Ancien haut fonctionnaire du Ministère de la Défense, professeur à Sciences Po Paris spécialiste des questions stratégiques internationales et militaires

Alain Gresh: Journaliste, directeur adjoint du Monde Diplomatique, animateur du blog Nouvelles d’Orient et spécialiste du Proche Orient et de l’Islam

Vous aviez manqué l’événement ou souhaitez simplement le revoir? Souriez, c’était filmé.