« Je suis persuadé qu’il est encore possible de vivre tous ensemble en paix. »

Ensemble
Aujourd’hui, je souhaite vous parler de tolérance, d’amour, de paix et de bonheur. Pour cela je vais présenter l’endroit où j’ai grandi car je n’en conserve que de bons souvenirs et je suis toujours très heureux d’y retourner. J’habitais dans une ville de Moselle, dans le Nord-Est de la France. Une ville industrielle et urbaine. Une terre d’immigration qui a acceuilli de nombreux travailleurs d’abord italiens, espagnols, portugais et polonais puis à partir de la Seconde Guerre Mondiale une main-d’oeuvre provenant du Maghreb, principalement du Maroc et de l’Algérie. Plus tard sont arrivés quelques familles originaires d’Afrique subsaharienne puis quelques unes de Turquie. Ainsi, depuis mon plus jeune âge, je baigne dans la diversité et on m’a inculqué la tolérance, la liberté, le respect, la fraternité et le partage. S’il y a ici quelque chose de fondateur c’est bien le partage car c’est comme cela que nous nous ouvrons les uns aux autres. Nous parlons, nous nous disputons, nous rions, nous pleurons. Mais nous le faisons ensemble. Cependant ces derniers mois je suis très attentif aux débats politiques et médiatiques qui agitent notre pays. Il paraît qu’avec le temps un gouffre s’est formé entre les personnes vivant en France: une sorte de «fracture sociale». De nombreuses divisions, le plus souvent binaires, nous sont exposées tous les jours : les français et les étrangers, la droite et la gauche, les riches et les pauvres, les musulmans et les autres, les croyants et les non-croyants. A titre personnel, je vois cela comme des différences plus que des divisions. J’écris tout simplement car je veux démontrer que mettre ces différences de côté et accepter l’aventure du «vivre ensemble» n’est ni un mythe, ni un rêve, ni un complot mais une rélle possibilité. Je l’affirme clairement car l’ayant moi-même vécu, je peux le prouver.
Pour cela je vais tout d’abord parler des relations très satisfaisantes que nous entretenons ma famille et moi avec nos voisins qui sont d’origine et de confession diverses. Puis je présenterai trois expériences inter-religieuses pour montrer que le dialogue est toujours bénéfique.Chez moi, les voisins sont à la fois nos amis et notre famille, nous sommes toujours là les uns pour les autres, que ce soit pour les évènements joyeux ou pour les pires moments de la vie. Nous aimons beaucoup partager des moments de convivialité avec les autres. Cependant, cela est beaucoup plus intéressant lorsqu’ils sont différents de nous. C’est-à-dire lorsqu’en apparence, tout nous oppose alors qu’en réalité et si l’on prend le temps d’échanger avec l’autre, d’aller à sa rencontre, de vouloir partager avec lui, il est très aisé de se trouver des points communs. Par exemple, quand ma grand-mère fait un couscous, elle m’envoie en apporter à mes voisins espagnols. Quand je passe chez eux pour aider la petite à faire ses devoirs, je rentre avec de la tortilla et la recette dans la poche. Lorsque le petit dernier est né nous sommes montés les féliciter avec ma grand-mère. Nous avons été surpris car ils l’ont prénommé Helias. Ils nous ont expliqué que tout comme Ines ce sont des prénoms très répandus en Espagne en raison de l’héritage culturel laissé par la présence musulmane en Espagne. Cet héritage je le retrouve également dans le langage lorsqu’à inchAllah, Sonia me répond Ojala ou lorsque j’entends azeitunas qui vient de l’arabe az-zaytûn. Nous partageons énormément de choses, il suffit seulement de vouloir le voir.

L'herbe est bien verte chez moi!

Par ailleurs, lorsque mes parents étaient les seuls «musulmans» de l’immeuble résidentiel où ils habitaient, ils entretenait de très bons rapports avec les voisins qui souhaitaient vivre avant tout en harmonie. Je me souviens que nous passions des moments de rire interminables avec Thérèse et Jojo qui étaient un couple d’octogénaires avec beaucoup d’humour. Jojo aimait beaucoup embêter ma mère sur des questions épineuses, notamment religieuses, mais tout cela était pris à la rigolade. Cependant, la vie est faite de hauts et de bas et dans les moments difficiles, lors d’évènements bouleversants nous étions bien évidemment toujours aussi liés. Je me souviens parfaitement de ma mère prenant Thérèse dans ses bras pour la consoler lorsque Jojo est décédé après un long combat contre le cancer. Je me souviens également des journées pendant lesquelles nous n’avions presque pas vu ma mère parce-qu’elle voulait rester auprès de Marie Jeanne lors du décès de Mario. Je me souviens du jour où elle est allée présenter ses plus sincères condoléances à Monsieur Demont qui a perdu son épouse après 50 ans de vie commune. Ces malheureux évènements montrent qu’il est possible de se rassembler au delà de toute croyance, de toute opinion ou de toute antipathie, autour d’un seul critère : l’humanité.

Je suis persuadé qu’il est encore possible, en 2015, de vivre tous ensemble en paix.
J’y crois lorsque je croise Mme Stephenne qui prend ma grand-mère dans ses bras pendant de longues minutes car elle lui a beaucoup manqué et je suis étonné de la voir l’appeler «mamie» par respect alors qu’elle n’a qu’une dizaine d’années de moins qu’elle.
J’y crois car je vois de mes propres yeux les petits enfants de mon quartier regroupés autour de Gisèle, veuve solitaire car son seul fils est parti vivre loin. Lorsque je la croise je la soutiens contre la solitude et la maladie, je la caline et je la couvre de bisous affectueux comme ma propre grand-mère.
J’y crois car j’aime passer de longues minutes à traduire à ma grand-mère ce que lui dit Mme Lopez en espagnol.
J’y crois car depuis tout petit, j’apprécie énormément les soirées d’été où penché sur mon balcon j’aperçois Nicole, ma voisine de l’entrée d’à côté, et que nous passons une bonne heure à discuter de tout et de rien en se demandant pourquoi tant de haine, tant d’amalgames alors que nous avons de très bons rapports entre voisins dans tout le quartier.
Je crois à la beauté du brassage des cultures, je n’aime pas la singularité, et je veux renforcer les échanges entre les individus quelles que soient leurs différences. Je pourrai vous parler infiniment de tous les autres voisins mais je n’ai pas voulu faire un banal descriptif de tous les non-musulmans que je connais personnellement et avec lesquels j’entretiens des relations parfaitement convenables. J’ai voulu présenter une partie de ce quotidien que j’ai connu car selon moi il représente l’arme pacifique avec laquelle nous devons combattre la haine et la peur de l’autre.

De plus, l’école est aussi un lieu d’échange et de partage car après avoir franchi les étapes de la scolarité, je conserve de bons rapports avec mes camarades et mes professeurs mais surtout avec mon enseignante d’économie du lycée. En apparence, tout nous oppose et beaucoup penseraient que nous ne pourrions mener qu’un dialogue de sourds. Souvent, à l’occasion d’une pause lors des inter-cours, nous prenions le temps d’échanger et parfois nous parlions de religion. Elle n’est pas croyante alors que je le suis profondément. Elle sait que je pratique beaucoup ma religion. Je sais qu’elle est anti-religion. Pourtant je l’aime beaucoup et j’apprécie énormément dialoguer avec elle, j’essaie de la comprendre et surtout je respecte son choix. Nous savons mutuellement que nous avons des convictions différentes mais nous les mettons de côté pour un échange humain, vivant, intéressant. Je respecte cette brave femme, courageuse, passionante et passionnée car elle exerce son métier avec une véritable vocation. Je sais que j’ai son affection car elle appréciait beaucoup ma rigueur méthodique, mon intérêt pour les cours et pour l’actualité. Au final, nous refusons de mettre une barrière entre nous en raison d’un désaccord au niveau religieux et tout se passe très bien.

Vivre ensemble

Je vais maintenant raconter une rélle expérience inter-religieuse dont j’ai un très bon souvenir. Mes voisins du dessus qui vivent là depuis une vingtaine d’années sont catholiques. Un soir de ramadan, au mois de juillet de l’année 2012, ils sont descendus pour constater un dégat des eaux. Je me suis occupé d’eux pendant que ma grand-mère préparait le repas du soir. Nous étions assis à la table de la salle à manger pour remplir des formulaires. Ma grand-mère les invite à rester manger avec nous. Ils refusent de nous déranger mais elle insiste donc Pedro accepte volontiers mais Sonia est assez embarassée. J’ai aidé ma grand-mère à mettre la table puis est arrivée l’heure du maghreb, avant dernière prière de la journée, au coucher du soleil. Donc l’appel à la prière a retenti. J’ai été surpris par la réaction de mes voisins. Ils n’ont pas dit un mot et ont fixé la télé pendant toute la durée de «l’adhan». A la fin, Sonia nous dit: «ça m’a donné des frissons, c’est très beau». Nous sommes allés faire la prière avant de manger et à ma grande surprise Sonia et Pedro ont cessé de parler jusqu’à ce qu’on revienne. Cela montre qu’il ont instinctivement adopté un comportement respectueux. Nous avons passé une soirée formidable car notre repas a été très convivial; nous avons beaucoup dialogué. En effet, Pedro et Sonia me parlaient de l’importance de la religion à leurs yeux, ils m’ont raconté ce qu’ils ressentaient en allant à la messe. Ils m’ont assuré placer leur confiance en Dieu lorsqu’ils rencontrent des difficultés. Ils m’ont expliqué pourquoi ils trouvaient nécessaire de transmettre ces valeurs à leurs enfants. Je me suis reconnu en eux et je leur ai expliqué que c’était identique chez nous les musulmans car la prière du vendredi, l’Aïd ou encore le pélerinage sont des moments magiques. Nous avons continué à parler dans le respect absolu en allant beaucoup plus loin, en touchant aux fondements du monothéisme, en évoquant la trinité, la création d’Adam et Even, le Paradis et l’Enfer. Nous n’avons fait que nous écouter les uns les autres sans remettre en cause la foi de l’autre. Ce fut un moment absolument merveilleux qui n’a fait que raffermir nos liens et confirmer que le vivre-ensemble dans le respect de tous est possible.

Enfin, je souhaite conclure sur un rappel que me fait souvent ma grand-mère lorsqu’on aborde des sujets sensibles qui ravivent énormément de tensions. Face à des personnes qui se laissent emporter, elle me dit: «C’est incroyable. Le monde va mal. Moi, quand je suis arrivée en France, je ne connaissais rien. Quand mes enfants tombaient malades, j’avais terriblement peur qu’il leur arrive quelque chose. Lorsque ton grand-père était au travail, je les emmenais chez le docteur Malka et une fois assise devant lui je me mettais à pleurer. Il venait alors s’asseoir à côté de moi pour me consoler et me rassurer. Il me disait que tout allait bien se passer et que je finirai par apprendre plein de choses. Il s’occupait de mes enfants avec attention. Il me parlait en arabe car je ne comprenais pas encore le français. (Il l’a appris en même temps que l’hébreu.) Donc tu sais, pour moi, le docteur Malka était mon père. Oui je te le jure, j’ai laissé mes parents pour rejoindre ton grand-père ici et j’ai trouvé en lui un véritable père. Tu ne dois jamais éprouver de haine dans ton cœur pour un juif mon fils car il existe de bonnes et de mauvaises personnes partout».

Houssem

Du djihad: entre effort intime et instrumentalisations (VIDEO)

Le 13 mars 2015, nous organisions une conférence intitulée « Du djihad: entre effort intime et instrumentalisations« . Nous avions eu l’honneur d’accueillir :

Abdelghani Benali: Enseignant-chercheur à la Sorbonne Nouvelle et Professeur d’arabe à Polytechnique et à l’INALCO

Pierre Conesa: Ancien haut fonctionnaire du Ministère de la Défense, professeur à Sciences Po Paris spécialiste des questions stratégiques internationales et militaires

Alain Gresh: Journaliste, directeur adjoint du Monde Diplomatique, animateur du blog Nouvelles d’Orient et spécialiste du Proche Orient et de l’Islam

Vous aviez manqué l’événement ou souhaitez simplement le revoir? Souriez, c’était filmé.

 

« La prière n’est pas seulement un rappel au croyant… »

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(c) Amin Abedini 

Nombreux sont ceux, croyants ou non, qui s’interrogent sur la prière rituelle en Islam. « 5 fois par jour ! » est une exclamation courante qui devance « Mais tu as le temps de les faire ? » ou « mais ce n’est plus une prière, ça devient un automatisme non ? C’est impossible de les faire constamment correctement». Longtemps démunie face à de telles critiques, ma seule réponse a été d’invoquer ma foi comme rempart à la lassitude. Pourtant, souvent, les prières accumulées à la fin d’une longue journée et la fatigue s’ajoutant, je n’ai eu de cesse de m’interroger sur le bienfondé de telles critiques : la prière en Islam ne serait-elle seulement qu’une ruse censée nous rappeler, nous croyants, à notre devoir d’invoquer Dieu au moins 5 fois dans notre journée ? S’il est aisé de justifier le jeûne, la profession de foi, le pèlerinage et l’aumône, qui consiste en des attestations de foi ponctuelles, la prière reste un des piliers les plus récurrents au quotidien qui prend une part considérable dans la vie du croyant.

La prière est constituée de l’acte en soi, comme son nom l’indique, qui se compose en invocations suivies de prosternations mais surtout et avant tout d’une étape de purification du corps. Pourquoi cette purification, certes symbolique, est-elle si centrale dans la prière ? Cette purification est si importante qu’elle annule la prière si elle n’est pas (ou mal) réalisée. C’est dire son importance ! Mais pourquoi tant de chichis autour de la purification ?

Ce qu’il faut comprendre, et qui est fondamental dans la prière en Islam, est qu’elle institue un dialogue entre le croyant et son Créateur, d’où la nécessité du croyant d’apparaître pur face à son Créateur. En effet, avant de se rendre à un rendez-vous, on se prépare et parfume; il en est de même avant de commencer sa prière. Comme une amie me l’a rappelée, la prière, pour le musulman, doit être un moment impatiemment attendu, tel un rendez-vous qu’on se refuse de rater.

Mais pourquoi ? Voyons l’analyse d’Ibn ‘Arabi dans son ouvrage La Sagesse des Prophètes de la Sourate Al Fatihah :

« Ainsi, le serviteur dit : « Au Nom de Dieu, le Clément (arrahmân), le Miséricordieux, (ar-rahîm) », et Dieu répond : « Mon serviteur Me mentionne » ; le serviteur dit ensuite « Louange à Dieu, le Maître des Mondes », et Dieu dit à son tour : « Mon serviteur Me rend grâces » : le serviteur continue : « Le Clément, le Miséricordieux », et Dieu dit : « Mon serviteur Me loue » ; le serviteur récite : « Le Roi du jour du jugement », et Dieu dit : «Mon serviteur Me glorifie, il se remet à Moi.» […] Ensuite, le serviteur prononce : « C’est Toi que nous adorons, et c’est de Toi que nous implorons le secours » ; et Dieu dit : « Ceci est partagé entre Moi et Mon serviteur, et Mon serviteur recevra ce qu’il demande ». […] Lorsque le serviteur dit ensuite : « Conduis-nous sur la voie droite, la voie de ceux sur qui est Ta grâce, non de ceux qui subissent Ta colère, ni de ceux qui errent », Dieu dit : « Tout cela revient à Mon serviteur, et Mon serviteur recevra ce qu’il demande ».

Une dichotomie est évidente dans cette sourate où la première partie se rapporte exclusivement à Dieu alors que la seconde fait référence à l’individu. De plus, ce n’est pas seulement une glorification de Dieu qui est réalisée par la prière, c’est surtout un dialogue où le croyant, loin d’être cet individu passif qui reproduit inlassablement les mêmes gestes et les mêmes invocations tel un automate, est profondément actif. C’est en effet lui qui est à l’origine de ce dialogue. De plus, c’est une participation mutuelle qui a lieu comme nous laisse deviner ce passage « Ceci est partagé entre Moi et Mon serviteur, et Mon serviteur recevra ce qu’il demande » qui est la réponse à ce verset « C’est Toi que nous adorons, et c’est de Toi que nous implorons le secours ». Ainsi la sollicitation de Dieu par le croyant permet une réponse de Dieu. D’où l’intérêt de ce tête-à-tête entre le musulman et Allah. Ibn Arabi explique par ailleurs, que dans cette prière, Dieu va même se manifester par la bouche de celui qui récite : « Dieu a entendu celui qui Le loue » (Samiâ Allahu liman Hamidah).

La prière n’est pas seulement un rappel au croyant, elle est surtout un échange entre Dieu et le croyant, un tête-à-tête privilégié qui nous rappelle cette parole divine « Ni Mes cieux ni Ma terre ne peuvent Me contenir, mais le cœur de Mon serviteur fidèle Me contient ».

FK

Introduction au Coran : contexte social et historique de l’Arabie au 7ème siècle

Le Coran offre à plus d’un cinquième de la population mondiale une conduite à suivre. C’est le Livre de référence pour les musulmans du monde en matière d’éthique, de lois et de pratiques dérivées. Ainsi, les musulmans croient que Dieu y a inscrit ses propres paroles qui décrivent une doctrine, des enseignements mais aussi une manière de vivre sa vie.

Coran

Dans cette série d’articles, nous tenterons d’analyser la complexité du Coran en abordant différentes interprétations depuis l’époque du prophète Muhammad aux défis de notre époque moderne. Ces articles se destinent à des personnes n’ayant aucune connaissance de l’Islam mais également à des personnes cherchant des éclaircissements sur différents aspects du Coran et de ses interprétations. Ce travail s’inspire de travaux faits par des savants de l’Islam mais nous ne prétendons pas proposer ici des articles scientifiques. 

  1. LE CONTEXTE SOCIAL ET HISTORIQUE DE L’ARABIE DU 7e SIECLE

Pour parler du Coran il est nécessaire de reprendre le contexte historique et social dans lequel celui-ci est apparu. En effet, la compréhension du contexte permet de mieux appréhender les références historiques qui sont directement établies dans le Coran.

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«Pour les musulmans» ou contre l’indifférence

Actuellement en échange universitaire à Copenhague, l’une de nos membres a pris le temps de nous adresser son retour de lecture du livre « Pour les musulmans » d’Edwy PLENEL, que nous avions invité à Sciences Po début octobre

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Edwy Plenel, co-fondateur et président de Médiapart, vient de publier un essai retentissant. Plus qu’un livre, «Pour les musulmans», c’est un engagement pour la paix en ces temps de surenchères islamophobes. Il est une once d’espoir qui tire les musulmans de leur solitude. 

L’ouvrage est librement inspiré d’un texte d’Emile Zola, «Pour les Juifs» (1896), son premier «j’accuse» qui l’engagera dans la lutte anti-dreyfusarde. Comme Emile Zola qui se saisit de sa plume pour dénoncer l’odieuse campagne anti-juive de son temps, Edwy Plenel lance un cri d’alarme contre une islamophobie banalisée. De même qu’à la fin du XIXe siècle, nous continuons à craindre un complot étranger et nous construisons un «ennemi intérieur». La peur du terrorisme islamiste s’est substituée à celle du judéo-bolchévisme. Les Musulmans, comme les Juifs autrefois, avancent à visage masqué et agissent dans l’ombre. Ils représentent un «problème», leur religion semble «incompatible» avec nos valeurs républicaines. Désormais, l’archivti-musulmane héritée du temps des croisades se superpose au vieil antisémitisme chrétien qui mènera aux folies meurtrières du XXe siècle.

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