Conférence Islam Afro-Américain, Black Muslims, Etat et société américaine

Conférence Salaam Sciences Po, le 4 Avril à l’IEP de Paris

Deux heures consacrée à l’Islam Afro Américain, la place de l’islam dans la lutte des droits civiques. Nous avons essayé comprendre les fondements de l’islam noir américain et d’établir la place de la religion dans le mouvement d’émancipation et d’en faire le bilan aujourd’hui. Nous souhaitions montrer en quoi l’islam dans les communautés afro-américaines a été un vecteur du combat politique et de ses transformations.

Pour animer cette conférence, nous avons fait appel à:

Pap Ndiaye, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po), membre du Centre d’études nord-américaines et du comité de rédaction de la revue L’Histoire, spécialiste des États-Unis.

Maboula Soumahoro, maître de conférences à Tours,
docteur en langues, enseigne à l’université de Tours, docteur es en civilisation américaine

Ibrahim Bechrouri, Etudiant à Institut Français de Géopolitique, chercheur invité à l’université de Columbia, étudiant la surveillance des musulmans par le NYPD

Partie 1

Partie 2

Conférence: Syrie: l’action humanitaire dans la crise politique

L’association Salaam Sciences Po a convié plusieurs acteurs de terrain syriens, autour du thème « l’action humanitaire dans la crise politique ». Il y avait notamment l’ONG Pour une Syrie libre, organisation partenaire du Ministère des Affaires Etrangères, reconnue pour sa rigueur et sa connaissance du terrain. Mais aussi un activiste venu en exclusivité de Syrie, manifestant qui a été incarcéré à Alep, et aujourd’hui coordinateur de l’action humanitaire sur la région. Les médecins syriens ont également été représentés par la participation d’un chirurgien de guerre et d’un humanitaire ayant mis en place plusieurs hôpitaux de terrain.

Partie 1

Partie 2

Panorama de la finance islamique en France et en Europe

Entretien avec Anouar Hassoune

Président de la société de conseil en finance islamique Hassoune Conseil
Professeur à HEC, Dauphine, Sciences Po, ENA et EM Strasbourg

  1.      Où en est la législation française concernant la finance islamique ?

En France, en matière de banque islamique, la plupart des contraintes normatives ont été traitées. Suite aux instructions fiscales publiées par le Ministère des Finances entre 2007 et 2012, et relatives opérations et contrats de finance islamique, les incertitudes juridiques et fiscales qui existaient auparavant ont été levées. Il manque peut-être deux instructions, l’une relative aux contrats de wakala (dépôts à terme rémunérés) et l’autre relative aux contrats de mudharaba (contrat d’agence ou de gestion), mais il semble que le cadre juridique actuel puisse accommoder ces deux contrats sans trop de frottement. Au total, une banque islamique qui s’installerait en France pourrait sans doute opérer sans risque juridique ou fiscal majeur.

En revanche, d’un point de vue réglementaire, il y existe deux éléments encore sujets à débat. Le premier renvoie au statut réglementaire des comptes de partage des profits et des pertes, adossés à des contrats de mudharaba. Ces comptes proposés aux déposants offrent un rendement à terme fonction de la banque islamique qui les propose. Ces comptes sont encore des objets réglementaires non identifiés. Si une banque islamuqe venait à proposer ces produits à l’avenir, il sera nécessaire d’engager une consultation détaillée avec l’ACP. L’autre sujet encore incertain renvoie au refinancement d’urgence d’une banque islamique française en situation d’illiquidité. Le cadre européen rend possible l’accès d’une banque en besoin de refinancement d’urgence à l’Eurosystème, sous la forme d’une forme ou d’une autre de prise en pension, c’est-à-dire d’emprunt d’argent à la Banque Centrale contre livraison de titres ou de créances de bonne qualité de crédit. Cela n’est pas possible en finance islamique, puisque cet emprunt d’argent ne serait conforme aux principes de la finance islamique. En cas d’urgence, une banque islamique serait donc tiraillée entre la nécessité économique de refinancer son bilan modulo un « défaut islamique », et un défaut technique… parfaitement Charia-compatible ! Par conséquent, soit l’Eurosystème prévoit une prise de pension islamique (ce qui est peu probable), soit cette banque devra trouver d’autres sources de refinancement d’urgence… auprès de ses actionnaires par exemple.

Pour les activités de marché, il n’y a aucune contrainte pour le déploiement de services d’investissement et d’épargne islamiques. L’assurance-vie en particulier a été testée avec succès en France.

2. Quelles sont les banques qui proposent des services de finance islamique  pour le marché domestique français ?

En France, une seule banque propose des services bancaires islamiques : c’est la filiale française de Banque Chaabi, l’institution mutualiste marocaine. Chaabi propose des dépôts en compte courant et des services de financement hypothécaire sous murabaha.

En matière d’épargne, Amundi, la filiale de gestion d’actifs du Groupe Crédit Agricole, propose des fonds d’investissement adossés à des actions islamiques.

Swisslife, l’assureur suisse, propose un contrat d’assurance-vie islamique ouvert aux souscripteurs français. Depuis peu, Vitis Life, la filiale d’assurance-vie du Groupe KBL, offre un contrat similaire mais avec des tickets d’entrée bien plus élevés, réservés à la clientèle dite « privée », i.e. haut et très haut de gamme.

3.     Quelles banques françaises proposent des services de finance islamique sur le marché international ?

A l’international, toutes les grandes banques françaises fournissent des services financiers islamiques, essentiellement dirigés vers les métiers de financement dits « de gros », et d’investissement. BNP Paribas se prévaut de sa marque islamique Najmah, tant à Bahreïn qu’en Malaisie. CACIB déploie aussi ses talents d’ingénierie financière dans le Golfe persique, à partir de Doubaï, notamment en matière de structuration de sukuk, ou obligations islamiques. La Société Générale, notamment à Londres, est capable de servir ses clients avec des produits de marché complexe. La Groupe Crédit Mutuel, par le biais de sa filiale de gestion La Française Asset Management, a déjà réussi à piloter et à gérer islamiquement des actifs immobiliers en France, les fonds investis provenant, eux, de l’extérieur. Enfin, Natixis à Doubaï, dispose aussi d’un arsenal de produits « wholesale » islamique.

4.     Pourquoi la France est-elle en retard par rapport au Royaume-Uni dans le domaine de la finance islamique ?

Crédits M.F.

Crédits M.F.

Dans tous les pays où la finance islamique a émergé comme une alternative crédible à la finance islamique, il a fallu deux choses : une demande au moins latente, et si possible manifeste, pour des produits financiers islamique, en provenance, forcément, d’une clientèle d’abord musulmane, puis élargie ; ET un soutien des autorités publiques au développement de cette alternative. En France, seule la première condition est remplie. Les autorités française ne « favorise » pas l’émergence de la finance islamique ; elles l’« autorise ». La nuance n’est pas que sémantique. Au Royaume-Uni, les autorités, travaillistes ou conservatrices, ont toujours accompagné le développement de la finance islamique, tant sur le territoire britannique qu’à l’extérieur. En France en revanche, les autorités, souvent laïcistes plus que laïques, laissent faire les acteurs du secteur privé, sans déployer une stratégie collective d’émergence d’une finance islamique française. Ce n’est évidemment pas de la malveillance : les grandes banques françaises de la place ne veulent pas d’une finance islamique hexagonale, pas dans le contexte délétère dans lequel se manifeste l’islam en France. Par conséquent, sans stratégie ni ambition « top-down » dans ce domaine, le marché ne se fera que « bottom-up », par l’agrégation, forcément lente et fastidieuse, d’initiatives privées et individuelles, dont le succès dépendra de la taille et de la puissance financière des acteurs qui les promeuvent.

5.     Que faut-il faire pour rattraper ce retard ?

Il faudra une banque de détail pour servir les 5 à 7 millions de musulmans et les milliers de non-musulmans déçus par la finance conventionnelle. Cette banque, à 100% islamique pour éviter tout risque d’amalgame, serait un « pure player », c’est-à-dire que sa clientèle-cible est entièrement en phase avec son identité propre. Cette banque devra être créée de toutes pièces, et non pas être le résultat de la « conversion » d’une banque conventionnelle en institution financière islamique. Cette banque devra être détenue par des actionnaires ambitieux et disposant de capacités financières importantes, parce que l’injection en fonds propres que suppose une entrée sur le marché français, vaste et concurrentiel, sera importante.

6.     Pensez-vous que la France pourra le rattraper un jour ?

Oui. Il y aura une banque islamique pour les particuliers en France. Ce n’est qu’une question de temps. Et j’espère pouvoir vous convaincre que ce serait une bonne chose, à plusieurs titres :

-        Tout d’abord, sur le terrain économique : une nouvelle offre, c’est davantage de création de valeur, c’est la capacité de choisir entre des services devenus plus diversifiés. En outre, cette banque créerait des emplois.

-        Ensuite, sur le plan social, la deuxième religion de France se manifesterait ailleurs que dans les mosquées lesquelles, malgré leur utilité, butent aussi sur leurs limites. Elles confinent l’islam de France à la pratique rituelle et participent moins qu’une banque à la banalisation de l’islam de France.

-        Enfin, symboliquement, une banque islamique est un vecteur de dignité pour la communauté musulmane de France, souvent stigmatisée par une minorité bruyante. A l’extérieur, ce serait une formidable occasion de prouver que la France n’est pas la caricature islamophobe qu’on en fait souvent dans les médias étrangers, mais au contraire un modèle de tolérance moderne, et d’ouverture accueillante.

 7.     Comment la France se positionne-t-elle par rapport aux autres pays occidentaux dans le domaine de la finance islamique ?

Ses concurrents sont :

-        Le Royaume-Uni (Londres et Dublin) pour les activités islamiques de marché ;

-        Le Luxembourg pour la gestion d’actifs islamiques, notamment les fonds actions et diversifiés

-        La Suisse pour la banque islamique privée.

Toutes ces places financières se prévalent d’avantages comparatifs sur leurs créneaux respectifs dont le France ne dispose pas. En revanche, aucun de ces pays ne pourra jamais concurrencer la France sur les volumes susceptibles d’être générés par l’activité de banque de détail. C’est là qu’il faudra concentrer toute notre attention. En outre, il existe un autre domaine où la France est attractive : l’investissement islamique dans l’économie réelle, par opposition à l’économie monétaire (i.e. les titres). La France est la deuxième économie d’Europe, très fortement diversifiée et disposant d’un niveau technologique redoutable. Dans l’hypothèse d’une croissance plus soutenue et plus durable, sous-tendue par les réformes nécessaires et une fiscalité plus accommodante, le territoire français peut redevenir attractif, y compris pour les quantités considérables de fonds islamiques investissables à l’international. Les territoires sont en concurrence pour attirer les IDE, et la finance islamique est un langage capable de faciliter les flux en provenance des économies islamiques.

8.     Comment voyez-vous le futur de la finance islamique en France et en Europe ?

Crédits M.F.

Crédits M.F.

En matière de banque islamique privée, la Suisse continuera d’être en tête, mais elle subira de plus en plus la concurrence du Luxembourg et de Singapour. La croissance des services de banque privée islamique en Suisse devrait se ralentir, voire se déplacer vers le Luxembourg, fort de sa position au cœur de la zone euro et de son formidable savoir-faire. Londres a récemment relancé sa stratégie d’attractivité envers les flux financiers islamiques, au point que le Royaume-Uni émettra bientôt ses premier sukuk souverains. Le marché immobilier londonien reste aussi très attractif pour les fonds islamiques. Le Luxembourg a aussi de grandes ambitions en matière de finance islamique : les fonds devraient continuer de se développer, à mesure que la croissance mondiale et européenne redémarre, de manière structurellement plus saine. Au Luxembourg, il y aura aussi sans doute une banque islamique privée, destinée à la clientèle haut de gamme. Il ne serait pas étonnant de voir s’y installer aussi une banque d’affaires islamique, la première en zone euro, sachant que celles qui existent déjà en Europe sont à Londres, en zone sterling. Enfin, en France, l’immobilier commercial parisien devrait continuer d’attirer les fonds islamiques, ce qu’une société comme Parisian Advisor entend promouvoir. En France, enfin, une banque islamique de détail est attendue depuis longtemps par une clientèle de plus initiée aux subtilités de cette alternative éthique, participative et, s’il fallait encore s’en convaincre, dénuée de toute prétention prosélyte.

Propos recueillis par Maïna Fauliot

Les dix dossiers à suivre en 2014

  2013, la paresseuse, prépare sa sortie sur la pointe des pieds. Une année pépère et sans surprise. Le PSG a fini champion, le ministre du budget s’est rappelé qu’il avait un compte quelque part en Suisse et la France a mené sa petite guerre annuelle en Afrique. Tranquillou. Bon, on a bien eu un nouveau pape, une alternance au pouvoir en Iran et un Lama superstar pour mettre un peu de piquant, mais 2013 a quand même manqué de saveur.

  2014 est dans les starting block. On vous propose de suivre de près quelques dossiers qui risquent bien d’enflammer la nouvelle année.

1) Les élections municipales

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  Même pas besoin d’attendre Mars pour en parler. J’ai reçu il y a quelques jours le texto suivant:

« Envie de voter pour un Maire Musulman à …… … ……? Voter au mois de Mars ………….. ………..! Le candidat est soucieux des intérêts des musulmans (contre le mariage pour tous, oui aux cantines halal, oui aux hijab, soutien aux jeunes qui ne travaillent pas, etc…) »

Bon on va analyser froidement le truc point par point.

Point 1: Bizarrement, je n’attend pas d’un élu politique qu’il me ressemble. Si je voulais un Maire qui soit comme moi mais en plus âgé, avec les mêmes croyances religieuses, les mêmes préférences alimentaires, les mêmes problèmes capillaires, ben je voterais pour mon Daron.

Point 2: Ca ne veut pas dire que ce n’est pas cool d’avoir un candidat musulman. Il en faut. Mais le marketing electoral exprimé de la sorte me dérange. Je pense encore naïvement qu’un élu doit être soucieux de tous ses administrés, pas seulement de ceux dont la tête lui revient. J’aimerais voter pour un Maire Musulman parce qu’il est compétent, tout simplement. Sinon on arrête tout et on fait comme au Liban, on met un chrétien président, un athée premier ministre, un juif à l’intérieur (parce qu’aux finances ça serait trop vite cramé par les aficionado de la théorie du complot) et un musulman au Ministère de l’Artisanat et du Tourisme où il n’embêtera personne.

Point 3: Expliquez moi l’intérêt d’avoir une cantine halal si des repas de substitution à la viande sont déjà servis?

Point 4: Bah ok, oui au Hijab. Mais oui au hijab, où, quand, comment? Sur un malentendu on pourrait croire que le Maire autoriserait les agents publics à porter des signes religieux et ce type de décision n’est pas de son ressort.

Point 5: C’est toujours cool d’associer l’islam au chômage.

2) La Quenelle

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 La quenelle est bien partie pour tenir le haut de l’affiche en début d’année. Quand t’es originaire de la région lyonnaise, ça te fait tout drôle qu’un plat local inconnu du plus grand nombre devienne si populaire. Pour les alsaciens, c’est comme si je vous disais   »je lui ai glissé une Flammenkuche », ça n’a pas de sens.

Bon la quenelle, pour reprendre une formule à la mode, c’est un « geste antisémite pour les uns et un geste anti-système pour les autres ».

A titre personnel, je fais une indigestion de quenelles. Le truc, c’était marrant quand Dieudonné était marrant. Mais voir la quenelle de Soral devant un mémorial de la Shoah, une quenelle à Auschwitz, une autre devant l’école de Toulouse où Merah a assassiné des enfants, sans que son auteur désapprouve, ben ça passe pas.

Et comme geste anti-système, on peut faire mieux. Déjà parce que la quenelle a été brevetée et fait l’objet d’un marketing intense. Pas très « anti-empire » tout ça. Ensuite, parce qu’on enc**** pas le système. Parce qu’au fond, la quenelle c’est ça, un vulgaire  bras d’honneur qu’on met dans les fesses du système. Et la vulgarité ne fait pas partie des coutumes islamiques.

Franchement, autant reprendre le signe des Black Panthers, un poing levé, c’est haut, c’est beau, c’est classe. Même le signe du Geai Moqueur dans Hunger Games, je prends. Pour mener une révolution, il faut être plus élégant que l’opposition.

Cela étant dit, tout ceci ne justifie pas l’ambiance Vendetta qui règne en ce moment. Traquer des gens en sortant du placard des quenelles moisies de 3 ans d’âge, c’est moyen. Les opinions peuvent aussi évoluer. Si on exigeait des excuses de tous les intellectuels français qui ont soutenu l’URSS dans les années 60  et qui sont revenus à des idées plus mainstream depuis, la liste serait longue, mais longue…

3) Les rapports sur l’intégration

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En fait c’est un bon plan la production de rapports pour le gouvernement. Le Haut Conseil de l’Intégration a fait un rapport MacGyver avec deux bouts de témoignage, une proposition choc et a balancé le tout à la reprographie. La montagne a accouché d’une souris. Et la souris a dit que les filles ne devraient plus porter le voile dans les universités. Sans que ça dérange grand monde.

Du coup, puisqu’on peut faire des recommandations comme on cueille des champignons, le groupe travaillant sur la refondation de la politique d’intégration en France a émis quelques idées. Comme pour le HCI, les plus polémiques ont été épinglées. Suppression de la loi sur le voile de 2002, dispositions pour faciliter l’apprentissage de l’arabe à l’école.

Forcément, à la lecture du journal, J.F. Copé en a renversé son café. Et comme il était énervé, autant par les propositions que par sa moquette qui dégoulinait, il s’est mis en mode Joe Dalton et il à tiré dans tous les sens sans prendre le temps de viser. Et pan le communautarisme, et pan Jean-Marc Ayraut, tiens François Hollande qu’est ce que tu fais là? Pan sur toi aussi!

C’est juste amusant de voir que ce rapport a suscité beaucoup plus d’émotions que celui du HCI. Mais lâchez rien les gars, laissez-nous juste le temps de chauffer le pop corn.

4) Les mamans voilées

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 En 2014, Vincent Peillon va-t-il abroger la circulaire Chatel interdisant aux mamans portant un voile d’accompagner les sorties scolaires? Pour l’instant, c’est plutôt mal barré.

Il faudrait remettre les choses à plat calmement. Expliquer que le voile, ce n’est pas la varicelle. Ca ne s’attrape pas au contact des personnes. Expliquer aussi que le psychisme d’un enfant ne va pas être bouleversé s’il voit une maman voilée. Et quand bien même, c’est comme la mort de Moufassa, il s’en remettra. Expliquer la souffrance de ces mamans qui aimeraient s’impliquer auprès de leur enfants mais qui ne peuvent pas. Expliquer enfin que ces femmes ne sont pas soumises au devoir de neutralité.

Le collectif Mamans Toutes Egales a encore du pain sur la planche en 2014. Double ration même avec cette transition

5) Les femmes et la Mosquée de Paris

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Des membres du collectif MTE font également partie du groupe des « Femmes dans la Mosquée ». Nous avions relayé sur notre page Facebook la lettre qu’elles avaient adressé au recteur de la Mosquée de Paris. En cause, le déménagement des femmes dans une nouvelle salle de prière « sous-sol » pour les uns, « entre-sol » pour les autres.

Le conflit entre les deux parties s’est récemment musclé. Le débat était déjà enflammé sur notre page. Quelque soient les positions des uns et des autres, il est regrettable qu’une discussion sereine n’ait pu avoir lieu entre les différents protagonistes. La Mosquée s’est fendue de déclarations maladroites pour justifier sa position. Les femmes faisaient trop de bruit nous dit-on. Donc ouste, au piquet comme des gamines? Sans avoir été consultées? Pourtant quand il s’agissait de dénoncer la quenelle d’Anelka, la Mosquée a été beaucoup plus attentive à sa communication.

Espérons que 2014 laisse place à l’apaisement et au dénouement du conflit.

6) La stabilité du modèle turc

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La vie politique turque se vit comme un feuilleton. Ils n’ont même pas eu besoin d’acheter les droits pour Dallas. Chaque semaine t’as un juge qui fait du grabuge ou un député confronté à une vidéo où on le voit dans un hôtel en charmante compagnie, se livrant à une partie endiablée de scrabble. Et il a raté « yaşayiniz » en mot compte triple en plus, ah l’imbécile!

Et au milieu, on a l’AKP, le Parti de la Justice et du Développement. Et au centre de l’AKP, il y a Erdogan. On en parlait, au cours de notre visite d’Istanbul, on avait pu apprécier l’amalgame entre réussite économique et paix sociale. Sauf que depuis notre visite, le modèle a clairement vacillé. Je ne parle pas ici des manifestations de Taksim qui s’apparentaient plus au mouvement des bonnets rouges monté en épingle. Il s’agit des récents scandales de corruption qui ont touché l’entourage du gouvernement. Et quand on se pose en garant des valeurs islamiques du pays, ça fait aussi mal qu’un ballon en pleine face un jour de pluie.

Ces scandales ont révélé une cassure profonde entre l’AKP et la confrérie de Fetullah Gulen, un leader spirituel exilé à Philadelphie. Fetullah Gulen entretient un réseau important en Turquie, il dispose d’une puissance médiatique avec le journal Zaman, d’un tissu d’établissements scolaires d’excellence et plusieurs hauts responsables sont affiliés à son mouvement. Erdogan voit ainsi dans les démêlés judiciaires de son entourage, une cabale venue des Etats-Unis.

Les médias français tendent à résumer cette histoire à un concours de moustache entre les deux personnages. Mais il y a derrière quelque chose de plus tenace. Erdogan a personnalisé le pouvoir et a cédé à la tentation populiste. Ironique pour celui qui voulait se défaire de l’héritage de Mustapha Kemal. Pour ceux qui connaissent de près ou de loin la confrérie Gulen, quand on parle de démocratie, de tolérance, de transparence avec eux, ce ne sont pas des paroles vaines. Je ne suis peut-être pas assez cynique, mais je pense véritablement que Fetullah Gulen, en raison de son attachement à ces valeurs, voit d’un mauvais oeil la confiscation du pouvoir par le clan Erdogan.

7) La Syrie

syrie

Tout simplement parce qu’il ne faut pas oublier. L’actualité suit son cours. Et éclipse le peuple Syrien. Salaam a un projet dans les cartons pour ce début d’année à ce titre, on vous en dit plus très vite.

8) L’amitié Franco-saoudienne

holl

La poignée de main entre François Hollande et le roi d’Arabie Saoudite, c’est un peu comme si la reine d’Angleterre donnait rendez-vous à Olivier Atton pour une tasse de thé. Quand est-ce que ces deux mondes ont fusionné au juste?

Bon, on met rapidement de côté la question du caractère démocratique du régime saoudien sinon il faudra attendre fin 2014 pour qu’on arrête de se taper des barres. Les intérêts convergent sur deux dossiers: l’Iran et la Syrie. Et la France reprend sa diplomatie du mousqueton. Le mousqueton comme en escalade: « je te donne du mou, ah ouais t’es cool toi, on est d’accord, l’Iran ça craint. Et puis hop dès que ça commence à tomber on bloque. Ah mais en fait t’es qu’une crevure qui faut du mal à ton peuple, allez ouste ».

Ca a marché pour Saddam, Kadhafi et Assad. Ca devrait passer là aussi.

9) Les fous

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On avait consacré un article aux fous de Boston en 2013. Mais le problème c’est qu’on ne pourrait plus suivre si on devait écrire un article à chaque fois que les fous sortent de leur trous au Nigéria, en Irak, au Pakistan et commettent des attentats, des kidnapping, des assassinats ou d’autres trucs bien sophistiqués.

Donc les fous, on se calme en 2014.

10) Les Mokhtars

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Plusieurs membres de Salaam ont fait le déplacement à la cérémonie des Mokthars. Et apparemment c’était tip top. Une salle remplie, des courts métrages de qualité sur l’islam, une ambiance fraternelle. Bref une vraie réussite.

Forcément, comme dans tout projet associatif, il y a eu des critiques, des polémiques, mais vu de l’extérieur, l’initiative est vraiment belle et on tenait à la saluer. On se donne rendez-vous en 2014 avec Insh’Allah, une vidéo de Salaam en compet’

KH