Les dix derniers jours de Ramadhan et la quête de laylatul qadr

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

1. Nous l’avons certes, fait descendre (le Coran) pendant la nuit d’Al-Qadr.

2. Et qui te dira ce qu’est la nuit d’Al-Qadr?

3. La nuit d’Al-Qadr est meilleure que mille mois.

4. Durant celle-ci descendent les Anges ainsi que l’Esprit, par permission de leur Seigneur pour tout ordre.

5. Elle est paix et salut jusqu’à l’apparition de l’aube.

Chaque année, les dix dernières nuits de Ramadhan viennent redynamiser la routine des jeûneurs en quête de Laylatul Qadr, nuit bénie. Cette nuit (Layl) d’al Qadr –souvent traduit en anglais par « power », et d’avantage par « destin » en Français, montrant ainsi la richesse sémantique du terme – est dans la croyance musulmane celle durant laquelle le Coran aurait été dans un premier temps transmis par Dieu à l’ange Gabriel (Djibril). C’est également durant Laylatul Qadr que l’ange aurait fait parvenir la Révélation divine pour la première fois au prophète Muhammad (paix et bénédiction sur lui).

Une autre des caractéristiques de cette nuit nous a été enseignée par le prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui) : la prière, durant Laylatul Qadr, si elle est pratiquée avec « une foi ferme et en cherchant la récompense divine » tous nos péchés passés seront pardonnés (hadith rapporté par Al-Bukhari, Muslim, entre autres, d’après la narration d’Abu Hurayra).

Si nul ne sait avec certitude à quelle date correspond cette nuit bénie, cette annonce du sceau des prophètes a suffi à susciter l’intérêt des savants musulmans qui la situeraient dans les nuits impaires de la fin du mois de Ramadhan, plus probablement autour du 27e jour (24 Juillet). Dans le doute, de nombreux croyants passent des nuits en prière ou en méditation, donnant lieu à des retraites spirituelles dans les mosquées, par exemple.

Laylatul Qadr est ainsi l’occasion de renouveler le travail sur notre spiritualité à laquelle nous appelle le mois de Ramadhan, et qui tend à s’essouffler dans les derniers jours, tandis que la fatigue de l’effort physique du jeûne prend le dessus. Les croyants sont encouragés à multiplier les actes d’adoration envers Dieu, que ce soit par la prière, ou encore la lecture et l’étude du Coran ou de la sîra (biographie) du prophète Muhammad (pbsl), … Il s’agit de prendre le temps de remercier notre Créateur pour ses bénédictions, l’invoquer dans l’espoir que ces actions que l’on regrette nous seront pardonnées et qu’à l’avenir, Il saura nous inspirer au meilleur.

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Laylatul Qadr arrive pour moi à point nommé, cette année encore. Alors que je me sens submergée par les horreurs commises par l’être humain aux quatre coins du monde, alors que je m’indigne –semble-t-il sans conséquence aucune- devant l’indifférence, alors que j’ai la sensation de faire-la-nage-du-petit-chien-dans-l’eau, brasser du vent, par mon action politique d’échelle microscopique, il m’est agréable de penser que Celui qui peut tout m’écoute. Il m’était vital de savoir qu’Il m’entend et exaucera mes prières pour mes frères et sœurs en humanité, si telle est Sa volonté. Et il est bon de croire Le voir me répondre à la lecture de ce verset : Fa inna ma’a l’usri yusra… Avec la difficulté vient la facilité.

Concours photo « Un instant de Ramadan »

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Article 1 : Présentation du concours

L’association Salaam Sciences Po organise la première édition de son concours photo “Un instant de Ramadan”. Elle invite toute personne de plus de 14 ans à y participer en envoyant de une à trois photographies qui capture ou illustre un moment représentatif du mois de jeûne du Ramadan. Sont exclus de la participation les membres du jury. Le concours se déroulera du 29 juin au 20 juillet.

Article 2 : Conditions de participation

Les candidats au concours doivent être dépositaires des droits liés, s’il y a lieu, à l’image transmise ainsi que l’autorisation des éventuelles personnes identifiées sur les photos présentées. Les candidats mineurs devront avoir l’accord de leur responsable légal. La participation au concours vaut acceptation du présent règlement.

Article 3 : Modalités de participation

Pour participer, il suffit d’envoyer à l’adresse mail salaam.sp@gmail.com votre ou vos photos accompagnés d’un titre avant le 20 juillet 2014 minuit. Pour que la participation soit valide il faut indiquer vos nom, prénom, adresse mail et adresse postale dans le mail.

Article 4 : Critères de sélection

Deux prix seront décernés à l’issue du concours : le “Coup de coeur du jury” et le “Prix du public”. Les photos seront publiées sur notre page facebook au fur et à mesure de la réception. L’auteur de la photo qui récoltera le plus de “like” ou “j’aime” sur facebook sera récompensé du “Prix du public”. A l’issue du concours le jury se réunira pour délibérer et effectuera son choix selon différents critères : le respect du thème du concours, le message délivré par la photographie ainsi que la qualité artistique (cadrage, lumière, originalité).

Article 5 : Prix

Prix “Coup de coeur du Jury” :

“Prix du public” :

Article 6 : Droits à l’image et autorisation d’exploitation

Le candidat atteste et garantit que les œuvres sont des créations originales au sens de la loi sur la propriété intellectuelle et qu’elles ne constituent pas la contrefaçon d’œuvres protégées. Les œuvres demeurent la propriété pleine du candidat . Le candidat atteste et garantit que les tiers, notamment les personnes qui pourraient figurer sur les œuvres,  ou les auteurs et ayant-droits d’œuvres reproduites sur celles du candidat, lui ont donné leur autorisation pour la représentation et la reproduction de leur image ou de leurs œuvres. Tous les participants donnent le droit et autorisent les organisateurs du concours ainsi qu’à leurs partenaires d’utiliser leurs noms, les photographies soumises et leurs titres, à des fins d’information dans le cadre du concours mais aussi dans le cadre d’une exposition d’une sélection des oeuvres qui se déroulera à la rentrée 2014. Les organisateurs ne sauraient être tenus responsables du non–respect du droit à l’image par le dépositaire des photos. Les décisions du jury sont sans appel, elles ne pourront faire l’objet d’aucun recours.

Article 7 : Obligations

La participation à ce concours implique l’accord des concurrents et leur acceptation du présent règlement dans son intégralité. Son non-respect entraînera l’annulation de la candidature. Toute contestation relative à l’interprétation et à l’application du présent règlement sera tranchée par les organisateurs.

La Bosnie Herzégovine marche doucement … parce qu’elle marche sur ses rêves

En pur produit des années 90, j’ai grandi avec deux images de la Bosnie Herzégovine. La première, c’est ma mère qui me priait de penser aux enfants bosniens quand je ne voulais pas finir mes épinards. Et quand t’as 5 ans, tu te dis juste que si un enfant en arrive à envier tes épinards, c’est que la situation doit être très grave. Alors tu fais profil bas et tu replonges le nez dans ton assiette. La deuxième, c’est la douloureuse chanson de Kenza Farah « cris de Bosnie ». Douloureuse à plusieurs niveaux, elle m’a fait mal au cœur, et un peu aux oreilles, il faut le reconnaître.

Vous admettrez avec moi que mon bagage est assez léger et je ne prétends pas être un spécialiste du pays. Mais Salaam s’est donnée pour mission de donner à voir et de faire découvrir. Toute modification/correction/précision est toujours la bienvenue, du moment qu’elle est livrée avec sa sauce de respect.

La mise en garde habituelle évacuée, on peut discuter du titre un peu bancal. La reprise des vers de William Butler Yeats rend avant tout hommage à la résilience des bosniens.

On le verra par la suite, aucun sentier tortueux ne saurait empêcher la Bosnie Herzégovine de dérouler ses rêves et de marcher. Doucement et dignement.

 « Mais tu sais je suis pauvre, et mes rêves sont mes seuls biens

Sous tes pas, j’ai déroulé mes rêves

Marche doucement ; parce que tu marches sur mes rêves. »

  •  Un peu d’Histoire

 On ouvre au VIe siècle du calendrier grégorien. La Bosnie et l’Herzégovine font alors partie de l’Empire Romain. Des populations slaves viennent s’installer et se christianiser en douceur sous le règne d’Heraclius. Elles en profitent pour diffuser leur langue propre, le slavon, sans se douter que ça ferait bien plus tard l’objet d’un jeu de mots tout pourri dans cet article. A partir de 870, la Croatie et l’Empire Bulgare se disputent le territoire et utilisent la Bosnie et l’Herzégovine comme des baskets scratch : un coup je vous attache, un coup je vous détache l’une de l’autre.

Dès le 10e siècle, la Bosnie et l’Herzégovine organisent un système de banat qui leur permet de retrouver un peu d’autonomie. Au ban Boris succède le ban Kulin, qui va pousser le bouchon beaucoup plus loin en embrassant le Bogomilisme, une forme hétérodoxe du christianisme réprouvée par Rome et par Byzance. Le pape Honorius IV donne une première leçon d’intolérance à la Bosnie et l’Herzégovine en décrétant une croisade contre les bogomiles.

En 1398, les ottomans passent faire coucou. Ils profitent d’un joyeux boxon entre les hongrois et les croates qui en veulent à l’indépendance de la Bosnie et l’Herzégovine pour intervenir en 1443 et prendre définitivement le contrôle du territoire en 1465. Les  nobles bogomiles qui subsistent embrassent l’islam. La paysannerie reste cependant majoritairement attachée au christianisme et hostile à l’administration turque. Une insurrection éclate en 1875 et la Serbie réclame l’annexion de la Bosnie et le Montenegro l’Herzégovine. L’Empire Ottoman montre ses muscles et ses bachi-bouzouks, les mercenaires tant affectionnés par le capitaine Haddock. La Russie et l’Autriche s’en mêlent et le congrès de Berlin en 1878 confère l’administration de la Bosnie-Herzégovine à l’Empire d’Autriche-Hongrie qui pense faire là une sacrée affaire. Un avis que ne partage pas forcément François Ferdinand, l’héritier du trône assassiné à Sarajevo par un nationaliste serbe en 1914, six ans après l’annexion définitive de la Bosnie-Herzégovine par l’Autriche-Hongrie.

 Après une ellipse on arrive au début des années 90. La mosaïque Yougoslave est prise de la fièvre de la partition selon la formule consacrée à Bertrand Badie. La Croatie et la Slovénie prennent la tangente. La Bosnie s’engage sur le même chemin en Mars 1992 par la voie d’un referendum approuvé à 99% (taux de participation 64%). Les Bosno-serbes, qui représentent un-tiers de la population, boycottent le vote et maintiennent leur volonté de rester attaché à la Yougoslavie.

Les Bosno-serbes créent la République Serbe de Bosnie, et prennent contrôle des 2/3 du territoire avec l’aide de la Yougoslavie et assiège Sarajevo de 1992 à 1995. Les Musulmans bosniens et les croates vont être la cible d’une véritable purification ethnique.

L’horreur culmine avec le génocide de Srebrenica. Attaquée inlassablement par les forces serbes de 1992 à 1993, la résistance s’organise autour de la figure de Naser Oric. Le jeune commandant n’hésite pas à briser les lignes serbes pour aller ravitailler la ville en armes et en nourriture, au prix d’exactions dans les villages environnants.

En 1995, les forces serbes de Bosnie entrent dans la ville, moissonnent les hommes de 15 à 65 ans, les alignent et entament le sinistre chant des armes automatiques pour étouffer les cris et les suppliques. On estime à 8000 le nombre de personnes disparues à Srebrenica.

Les survivants marcheront 80 km dans la forêt pour rejoindre le territoire contrôlé par les bosniens Musulmans.

Les fantômes de la guerre n’ont pas réussi à consumer tous les fragments de rêves de la Bosnie-Herzégovine. Les Bosniens se sont relevés et ont marché doucement, rejoints chaque année par des milliers de personnes qui affluent des quatre coins du monde. Ensemble, ils marchent pour la paix, en souvenir de Srebrenica.

  •  Une histoire

Hadzic-SenadHadzic Senad, c’est les 7 saisons de Pékin Express à lui tout seul. Hadzic pèse 5700 kms parcouru en 10 mois avec moins d’un euro par jour, sans recourir au stop et sans être ralenti par une chèvre ou un basketteur mongol de 2m30.

 La nuit, il rêve du chemin à emprunter. Le jour, il marche jusqu’à 20 km. Il traverse 7 pays dont la Syrie plongée dans la guerre, endure des températures allant jusqu’à -35 degrés en Bulgarie et 44 degrés en Jordanie. Il patiente. Des semaines en Turquie puis deux mois à la frontière Jordanienne pour obtenir un visa.

Et puis il y a la rencontre. En Serbie, un homme lui ouvre la porte de sa maison en  précisant qu’il est le premier musulman à avoir cet honneur. Hadzic en garde un souvenir ému.

Hadzic a marché au nom de Dieu, pour l’islam, pour ses parents et sa sœur que la guerre a emporté. Hadzic a marché vers la Mecque.

  • Quelques sommités

Xavier Bouragel et Nathalie Clayer , les deux grands spécialistes de la région s’accordent à dire qu’il est très difficile de dégager une seule expression de l’islam en Bosnie-Herzégovine. A cette complexité se greffe le jeu des identités qui a déchiré la Yougoslavie. Bertrand Badie notait dans son cours que le processus de construction identitaire est particulièrement violent car il se construit en opposition aux autres. Toute la problématique Bosnienne est de trouver une place à l’islam dans une identité blessée par la guerre et la haine.

Xavier Bouragel propose ainsi plusieurs facettes de l’islam en Bosnie-Herzégovine qui s’incarnent dans différentes personnalités.

fikret_karcicFikret Karcic représente la tradition séculaire de la Bosnie-Herzégovine, qui s’est notamment affirmée sous le régime communiste de Tito. Homme de la deuxième moitié du XXe siècle, spécialiste du fiqh, il enseigne à la faculté théologique de Sarajevo. Tenant du multipartisme, il trouve insupportable l’idée que la religion puisse être instrumentalisée par le politique. C’est donc assez logiquement qu’il va se prononcer contre la création d’un parti islamique. Champion de l’individualisation de la foi et de la séparation du religieux et de l’Etat, Karcic rappelle sans cesse l’importance des valeurs morales de l’islam mais insiste sur le fait que son enseignement ne doit plus servir de bases aux institutions politiques, juridiques et sociales. Pour lui, s’il est vrai que les instances religieuses perdent en privilèges dans un Etat Laic, elles gagnent en contre-partie la possibilité de se consacrer entièrement à la satisfaction des besoins religieux de ses membres, et ce sans ingérence de la part de l’Etat.

Adnan Jahic est un autre versant de l’islam en Bosnie-Herzégovine. Jahic se montre très critique à l’égard des sociétés occidentales et les enjoint à délaisser le sécularisme. Au modèle laïc, il oppose l’unicité de la ummah, la communauté des croyants. A la démocratie occidentale, il oppose une démocratie islamique fondée sur des valeurs éthiques positives, défend le système du Califat, de la Shura (la concertation) et de l’ijma (le consensus juridique entre savants).

téléchargementEnfin, Mustafa Ceric, ancien mufti de Bosnie-Herzégovine, a joué un rôle déterminant dans la revitalisation de l’islam dans les années 90. Diplômé d’Al Azhar au Caire, Mustapha Ceric est très attachée à l’héritage ottoman de la Bosnie-Herzégovine. Travailleur acharné, il œuvre au dialogue inter-religieux et multiplie les prises de responsabilité dans les plus grandes instances internationales.

  • Un peu de poésie

La ballade de Hasanaganica est une histoire transmise à travers les générations bosniennes, un peu à l’image de Majnun et Layla au Moyen-Orient. L’histoire est dure, tristement réelle, une romance bosnienne en somme.

Hasan Aga est un soldat turc qui a contracté une blessure en guerroyant un peu trop fort. Trop faible pour rentrer chez lui, il décide de se reposer en forêt. Seules sa mère et sa sœur daignent lui rendre visite tandis que son épouse reste à la maison avec les enfants. Vexé comme un pou, Hagan Aga signifie à sa femme qu’elle est priée de quitter le domicile familial en laissant les enfants.

Pressée par son frère de se trouver un nouvel époux, la jeune femme se voit dans l’obligation de se lier à un noble de la région. Le jour du mariage, une procession est organisée. Sachant qu’elle serait amenée à recroiser son ancien foyer, Hasanaganica demande à ce qu’un voile lui couvre la vue. A l’approche de son ancienne demeure, elle ne résiste pas à la tentation de soulever un pan de l’étoffe qui lui recouvre le visage. Un regard furtif échangé avec Hasan Aga suffit à sceller son destin. Une tristesse insondable a rongé les yeux de celui qui fut son mari. Hasanaganica meurt instantanément de chagrin.

6585212-9932357Plus proche de nous, Musa Casim Catic est de ces poètes qui manient plusieurs langues avec agilité. A l’aise en turc, arabe et persan, il multiplie les rencontres, les expériences dans l’armée et dans les écoles islamiques avant de pouvoir se consacrer à son art. Catic c’est la Bosnie-Herzégovine dans toute sa splendeur, une synthèse entre la rigueur du sonnet occidental et la touche mystique de la poésie persane. Catic c’est aussi celui qui dans le sillage des poètes modernistes du début du XXe siècle, va imprimer une identité bosniaque à la poésie.  Voici deux de ses œuvres :

Mystique 

Minuit. Les ténèbres de plomb, comme une angoisse,
Sur le sein virginal de Gaïa sont tombées ;
On dirait que les tombes s’y alignent
Et de leur paix terrible suscitent le frisson du cœur.

La lune pensive parfois seulement luit
Et de sa lèvre pâle déverse des contes de perle
Dans la rivière de velours. Au milieu du silence triste
Parmi le feuillage du tilleul, une chouette, pleurant, se déplace.

Comme l’esprit d’un quelconque mort pécheur,
Le mystère s’avance dans l’obscurité d’un pas léger,
Sa traîne de soie bruit comme la vague.

La lèvre du ciel est immobile, obtuse, —
Le mystère passe dans une région désolée,
Et à Gaïa dit quelque chose d’une voix muette…

Islam

Tu es le livre de l’omniscience lumineuse,
Tu es l’œuvre du Dieu éternel,
Par laquelle il a annoncé la brillante
Renaissance du monde entier !

Tu m’enseignes toutes les bonnes actions,
Tu m’enseignes l’honneur et l’amour,
Tu m’enseignes à vivre pour le peuple,
À être un véritable membre de l’humanité.

(…)

De Tes pensées divines je serai
Toujours le fidèle observateur,
Je suivrai Tes saints commandements.
Je mépriserai ce qu’interdisent tes lois.

Ô Islam, ma sainte foi,
Salut de mon âme pécheresse,
Grandes sont Tes saintes pensées,
Ton nom est grandiose !

Un peu d’images

Quand ma sœur m’a montré ses photos prises en Bosnie Herzégovine, j’ai été un peu dur avec elle. Je lui ai demandé si elle ne se payait pas un peu de ma tête des fois. J’avais comme l’impression qu’elle s’était planquée deux semaines en Ardèche et qu’elle essayait de faire passer Vallon Pont d’arc  pour Sarajevo.

Le pays compte en fait une des réserves d’eau douce les plus importantes d’Europe et de la verdure qui s’étend  à perte de vue. Voyez plutôt.

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Un peu de vécu

Voici du coup le témoignage de ma sœur, qui vous invite prestement à programmer vos prochaines vacances en Bosnie-Herzégovine.

10370671_10202194579641831_1586025614_nMostar au sud du pays est un petit bijou classé au patrimoine de l’UNESCO et n’a rien à envier à Dubrovnik. Quant à Sarajevo c’est certainement une des plus belles villes au monde. Simplement en vous baladant dans les rues vous tutoyez des pans entiers de l’histoire : tantôt vous fleuretez dans les ruelles ottomanes avec les petites maison en bois où vous vous arrêterez boire du Boza (boisson traditionnelle de mais fermenté) tantôt vous arpentez les  larges percées austro-hongroises. La magnifique bibliothèque nationale elle-aussi classée au patrimoine mondiale de l’UNESCO et le pont sur lequel François-Ferdinand fut assassiné ont été sacrément amochés par les bombardements durant la guerre. Cela ne suffit pas à vous faire oublier que Sarajevo est avant tout une ville diverse et tolérante et ses habitants sont à son image. La petite Jérusalem d’Europe abrite une église, une mosquée, la cathédrale  catholique et la cathédrale orthodoxe. ; tous ces bâtiments sont chacun dans leur style des bijoux architecturaux et vous aurez un grand plaisir à les découvrir.

Et témoignage de ma mère qui après m’avoir fait avaler les épinards est allée en Bosnie pour faire la marche de la paix

L’essentiel de la marche, je l’ai vu dans les yeux des habitants de bosnie:dans leurs sourires, leurs larmes retenues, et leur patience dans ma laborieuse approche de leur langue. Dans la main qu’ils m’ont tendue quand je trébuchais, dans le café offert sur le chemin, dans les fruits posés sur mes genoux quand j’attendais sur la route qu’on vienne me chercher. Dans cet islam si tolérant et ouvert, dans cet accueil, ces gestes d’hospitalité tout au long des 2 semaines de découverte.

Que dire d’un peuple qui au delà de ses souffrances vous remercie d’avoir pris la peine de venir à eux, de les photographier car c’est une preuve qu’ils existent toujours ?

Volim té Bosnia, très humblement et très respectueusement

KH

Références

Xavier Bougarel, « Trois définitions de l’islam en Bosnie-Herzégovine », Archives de sciences sociales des religions [En ligne], 115 | juillet-septembre 2001, mis en ligne le 19 août 2009,

Marie Belando Mitjans, « Musa Cazim Cetic, Poète Bosniaque » in Les Cahiers de l’islam

Interview de Nathalie Clayer « L’islam balkanique, un parcours historique »

Non, il n’est pas interdit de dire « je t’aime » à une personne du même sexe en islam

Autant évacuer de suite les éventuels malentendus. Au risque de décevoir, il ne s’agira pas d’un traité sur l’homosexualité en islam. Si le sujet vous intéresse, je vous renvoie à la très bonne conférence qu’a organisé l’association Coexister à Sciences Po sur le sujet.

Je voulais juste m’attarder sur un Haddith, la parole prophétique suivante :

 D’après Al Miqdâd Ibn Ma’d Yakrib, le Prophète (PBSL) a dit : «  Lorsque l’homme aime son frère (en religion), qu’il lui fasse savoir qu’il aime »

fraternité

 De la fraternité

« Frère », « Khoya », « Akhi », « Bro’ » et leurs déclinaisons féminines « sœur », « Oukhti », « Sis’ ». A moins d’avoir soigneusement évité de fréquenter tout ce qui ressemble de près ou de loin à des musulman-es, vous avez forcément croisé ces appellations prononcées tantôt à la cantonade, tantôt à grands renforts d’accolades.

 Au début, tu penses que c’est juste des mots lisses pour éviter de dire « Mec », « Dude » ou pire encore « mon gars sûr ». Et puis viennent les rencontres et les voyages. Quand un malaisien qui te connaît depuis 5 minutes te dit sans sourciller qu’il a prié Dieu pour te rencontrer et devenir ton ami, quand une famille marocaine t’ouvre les bras/le gite/le couvert et la couverture pour une durée indéterminable, quand un turc te confie précieusement ses souvenirs et ses rêves alors que la veille encore il ignorait jusqu’à ton existence, alors tu prends la mesure de ces liens de fraternité qui unissent les musulmans. Et tu ne blagues pas avec.

De l’amour fraternel

 Le mot frère n’est donc pas employé à la légère. Les musulmans sont des frères. Reconnaître l’existence de ces liens est une chose, parler d’amour en est une autre. Le poids des traditions culturelles agite un voile de pudeur sur les sentiments.

A une déclaration d’amour, les musulmans préfèrent une bonne bagare. « Qui aime bien châtie bien » est probablement une expression inventée par un type qui a assisté à des altercations entre muslims dans un café. La mécanique est bien huilée. Ca part d’un « tfou ! » et les fous s’agitent, s’invectivent sur cinq générations, passent en revue l’ensemble des espèces animales de l’âne au taureau pour finir par se quitter bons amis. Ahhhh vraiment bravo, tu as un très bien tenu ton rôle, c’était une belle bagarre. On remet ça demain In Sha Allah ?

 D’ailleurs si tu te risques à dire « je t’aime » au premier venu, tu auras surement le droit à un « tfou » et une bagarre dans la foulée.

 Mais quid du frère que tu apprécies vraiment ? Celui avec lequel tu as grandi et qui t’a fait grandir ? Celui qui te suit comme une ombre sans semer la calomnie dans ton dos. Celui qui s’est levé à 5h du matin pour prier Dieu et l’invoquer en ta faveur. Celui qui a été de bon conseil pour t’ordonner le bien et te rappeler le blâmable. A celui là, un lien Facebook et quelques vannes à la dérobée ne sauraient suffire pour caractériser les liens de fraternité. A celui là, serait-ce trop que de donner un « je t’aime en Allah ? »

Les américains sont plus démonstratifs en amitié. La Bromance de JD et Turk dans Scrubs prête à sourire mais on n’est pas loin de la réalité.

 Sans forcer le trait et s’adonner à la pratique du « Eagle » des deux compères, cette extériorisation donne à réfléchir. Dire « je t’aime » n’a rien de honteux. Ni à ses parents, ni à son/sa conjoint-e. Ni à son frère.

Je n’ai jamais eu de difficulté pour mettre des mots sur les sentiments que j’éprouve pour mes parents ou pour ma femme. Mais pour mon frère en Allah ? Par quoi commencer ? T’es beau gosse même si tu commences à perdre tes cheveux ? T’es un homme en or même si tu supportes une équipe de merde ? Tu es un modèle dans ta foi et dans ta persévérance ? Tu me manques ?

Alors tu sors le « je t’aime en Allah » pour les grandes occasions ». Tu l’habilles dans un  costume pour signifier qu’il est là juste pour faire un tour et pas pour faire des petits. Un « je t’aime » comète qui traverse le ciel de la fraternité tous les cinq ans. Un instant fugace de sincérité que tu couvres honteusement avec une blague pourrie. Un « je t’aime » que tu écris parce que tu ne sais pas trop à quoi ta voix ressemblerait si tu venais à le prononcer à voix haute. Un « je t’aime » que tu regrettes de ne pas avoir dit plus souvent, quand le temps était à l’éclaircie.

Cet article est dédié à un frère de Salaam qui se reconnaîtra quand il le pourra. Accroche toi à la vie frère. Je t’aime en Allah.

KH

Conférence Islam Afro-Américain, Black Muslims, Etat et société américaine

Conférence Salaam Sciences Po, le 4 Avril à l’IEP de Paris

Deux heures consacrée à l’Islam Afro Américain, la place de l’islam dans la lutte des droits civiques. Nous avons essayé comprendre les fondements de l’islam noir américain et d’établir la place de la religion dans le mouvement d’émancipation et d’en faire le bilan aujourd’hui. Nous souhaitions montrer en quoi l’islam dans les communautés afro-américaines a été un vecteur du combat politique et de ses transformations.

Pour animer cette conférence, nous avons fait appel à:

Pap Ndiaye, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po), membre du Centre d’études nord-américaines et du comité de rédaction de la revue L’Histoire, spécialiste des États-Unis.

Maboula Soumahoro, maître de conférences à Tours,
docteur en langues, enseigne à l’université de Tours, docteur es en civilisation américaine

Ibrahim Bechrouri, Etudiant à Institut Français de Géopolitique, chercheur invité à l’université de Columbia, étudiant la surveillance des musulmans par le NYPD

Partie 1

Partie 2